21 septembre 2007
Glauque, non?... Mais tellement drôle...
Chat.mpeg
Vidéo envoyée par galileo
Un chat un peu curieux...
31 août 2007
Pas d'article cette fois, juste un dessin, histoire de se détendre un peu...
Drôle? Ben non... juste réaliste... héhéhé...
01 août 2007
Un nouveau projet de Thomas Lesourd!!
Vous souhaitez voir notre beau pays mis en avant? Du réal français en veux-tu en voilà? V'là que je vais vous donner des nouvelles de l'un d'entre eux, Thomas Lesourd, qui a déjà fait parler de lui à plusieurs reprises dans le passé... Après avoir planché sur les péripéties pleines d'humour de Karl Blancard, après s'être fait remarquer pour sa capacité à faire "tout" avec "rien" (il possède un don et une passion bien réelle pour les sfx - il suffit de voir Karl Blanchard pour s'en convaincre...), Thomas (Aka "Frotznu") revient avec un nouveau projet, j'ai nommé les aventures d'Howard...
Après avoir oeuvré sur "Virus" (un animatrix non officiel que vous pourrez visionner à cet adresse), "la lanterne noire" (un survival horror/film de fantômes) et "La cour des miracles", Thomas avait réalisé "les tribulations de Karl Blanchard - la technopole 73", dont voici, ci-suit quelques illustrations.
Le court, réalisé dans un esprit Steampunk, influencé autant par Allan Moore que par Jules Verne, narrait l'histoire de Karl Blanchard, scientifique farfelu mais particulièrement compétent, qui suite à de nombreuses péripéties, finissait par devenir chasseur de primes... (Vous voulez en savoir plus?? Je vous invite à faire un petit saut du côté de : http://www.karlblanchard.com/ pour découvrir le court-métrage lui-même, ou même du côté de myspace, ici, sur le blog de Karl en personne...). Vous pourrez aussi lire la critique de F. des bois, du célèbre magazine mad movies en cliquant sur le lien myspace, ici. Si vous souhaitez en savoir plus sur le jeune réalisateur, vous pourrez aussi visiter son propre site, ici même.
Je vous offre donc la possibilité de découvrir, en avant première, un avant-goût du projet "Howard" (projet auquel j'apporte ma modeste contribution... hé oui... En même temps, ça veut dire aussi que vous n'avez pas droit à la critique. Juste au dythirambes. C'est honnête, non?): en cliquant (et avec amour et admiration sans borne, cela va sans dire...), sur ce lien: ici. Erwan Le Gac, réalisateur de "Ab Irato", dont j'ai précédemment parlé, Julien nicaud et Nicolas Trempcourt participent aussi à l'aventure.
La série "Howard" - car il s'agit d'une série, oui - porte sur une oeuvre particulière... Celle d'un écrivain malchanceux, qui se doit de retrouver son oeuvre disparue tout en se devant de faire face aux pires monstres de son imaginaire... Comment et pourquoi? Hum... Non, non... je ne vais pas tout vous raconter... Ce sera à vous de le découvrir...
03 juin 2007
Interview de David Sarrio (suite) : "Project Gamma"
David Sarrio nous parle donc aujourd'hui de la continuité de sa carrière, de son second court métrage... Project Gamma.
-Sonador : Ok, venons-en à la suite... le fameux project Gamma... J’avoue qu’il m’a encore plus impressionné que Daredevil. Sans doute simplement à cause de la gestion des sfx, l’apport de moyens plus importants... et bien sûr, le court dure plus longtemps. En fait ce qui est assez remarquable, c’est ta progession d’un court à l’autre. Le premier, Daredevil, aussi bien fait soit-il, reste relativement amateur, tandis que Project Gamma fait vraiment “film”. On sent que tu tends à progresser dans la direction du long métrage, aussi bien dans l’approche du sujet que dans le traitement du montage et de la narration. De l’autre côté, on retrouve ton style propre, très BD (sans parler du personnage lui-même, issus de DC Comics). On peut le voir notamment au travers du générique, très stylé. Comment est né ce projet? Est-ce toi-même qui l’a lancé pour te situer dans la continuité de Daredevil? Pour affiner ton style dans ce genre particulier qu’est l’adaptation BD au cinéma? Ou plus simplement ta narration, ta réalisation ?
-David Sarrio : C'est après avoir vu DD sur Internet que Luc Damie, un pur geek, m'a contacté. Il m'a proposé de refaire (en le finançant) un faux teaser mettant en scène un personnage de Marvel. Il avait l'idée de faire en quelques minutes les origines soit de Thor, d'Iron man, ou de Hulk. Avec l'accord de Luc, je me suis tout de suite focalisé sur Hulk, dont la faisabilité, l'imagerie et les thématique me semblaient exploitables en format court.
Au même moment, mon chemin a croisé celui de Thomas Kornfeld, qui m'a demandé de faire parti de la boite de prod (Nomad films) qu'il montait. Je lui ai alors amené le projet. Et Luc, Thomas et moi avons réfléchi ensemble. Thomas m'a alors rapidement demandé de trouver un petite histoire à raconter, et pas simplement de filmer les instant de la première transformation de Banner. Et nous voila, Fréderic Roumy (co-scénariste) et moi, excités comme tout, à plancher sur un film de 15mn maxi d'après un personnage avec lequel nous avions grandis. La gageur était donc de m'affirmer un peu plus de ce genre qu'est l'adaptation de comics de super héros en film, mais surtout d'avancer en tant que réalisateur tout simplement. C'est à dire, travailler la dramaturgie, la direction de comédiens... Enfin, le Ba-ba du métier (en ce qui me concerne, plus simple à dire qu'à faire, J) .
Après DD je ne pensais pas pouvoir refaire (question de moyens) une adaptation d'un « super héros » en court. Je peux vous dire que Luc est le deux ex machina dont rêve tout les réalisateur.
-La série Matrix a-t-elle participé à tes influences ? Je pense (spoilers… je précise pour ceux qui n’auraient pas vu le court métrage) au côté monde virtuel dans lequel le personnage se trouve perdu. Ou est-ce une résurgente d’un autre genre de BD, le Manga (lequel a largement influencé Matrix, et bon nombre d’oeuvres SF). L’aspect intéressant de cette idée, soit-dit en passant, c’est que précisément, il mélange pour ainsi dire deux univers : celui du manga SF et le style super héros.
-David Sarrio : Avec Frédéric, on réfléchissait à ce qu'exprimait la dualité Banner/Hulk, et notamment à ce que d'un point de vue dramaturgique cela pouvait engendrer. Et en déconnant, on a imaginé un Banner dans une ville factice à la Truman show ou toutes situations de stress lui serait évitées. Sauf qu'un môme n’arrête pas de lui casser les pieds en lui disant qu'il ressemble à un personnage de comic book...Ce qui finit par excéder notre mister Banner. D'un coup, avec une approche sérieuse, je me suis dis que l'on avait notre sujet. Et puis, bien que je ne sois malheureusement pas un gros lecteur de romans, j'ai eu la chance de lire du Philip K. Dick (NdA. L’auteur des romans à l’origine de « Blade Runner », Total recall, et Minority Report, pour ne citer que les meilleures adaptations. Le romancier, mort en 1982, tournaient souvent ses œuvres autour des sujets tels que la dualité ou « qu’est-ce que la nature humaine… », etc… Ses thématiques découlaient pour beaucoup de ses propres problèmes personnels : il était à la fois schizophrène et drogué. Des œuvres – par ailleurs remarquables - telles que la récente série « Galactica » s’inspirent largement de son travail. Il est considéré à juste titre comme étant l’un des grands auteurs SF du vingtième siècle), et ses thématiques me semblaient bien se marier avec le personnage de Hulk. L'utilisation du monde virtuel comme outil de contrôle m'est alors immédiatement venu a l'esprit. Je me suis aussi inspiré du principe narratif du “one-shot” en comics. J'ai également eu la chance de découvrir certains ouvrages d'Henry Laborit (biologiste de renom). Ses écrits m'on permis de m'éloigner de l'approche “dualiste”et Psychanalytique du personnage, à la façon de Dr Jekil et Mr Hyde. Je lui préférais un approche biologique du fonctionnement du cerveau qui à mon sens nous éclaire sur la nature humaine. Je voulez parler de cette part animale (je précise que le propos n'était pas de suggérer que les animaux sont plus dangereux que les hommes. Un préjugé ancré dans l’inconscient collectif.), venant de notre cerveau reptilien, qui influence nos actes de tous les jours. J’ai ensuite décidé d’utiliser le générique de début comme un outil narratif pour résumer les origines de Hulk. Un principe de mise en place hérité du serial…et des comics books (sous la forme d’un court texte en 1ière page, accompagnée ou pas des quelques cases)
-Ce « côté reptilien » n’est pas sans rappeller Pitch black (mais c’est une très bonne idée, hein...! Tu as d’ailleurs traité ton cours très différemment). De même que ce traitement entre monde virtuel peut être vu sur plusieurs niveaux (du moins tel que je le vois) : tu as le monde virtuel, dit “parfait”, calme, un monde de quiétude, et le mond réel, brutal, stressant. Ça évoque un peu ce que l’on peut ressentir lorsque l’on pénètre dans un jeu vidéo... voire dans un monde dit “littéraire”... comme le comic book par exemple... en clair, de l’extérieur, cela pourrait être presque percu comme étant un sous-texte de ta part, la représentation de ce que l’on ressent lorsqu’on est plongé dans l’univers “alternatif” du comic... voire l’agacement, la frustration ressentie lorsqu’on nous en sort! En tout cas, sincèrement, je trouve que c’est l’iéde brillante du court, la valeur ajoutée qui, immédiatement, lui donne toute sa personnalité et son identité propre par rapport à ce qui aurait pu être classiquement fait par quelqu’un d’autre (en clair, le réalisateur lambda se serait sans doute probablement focalisé sur un événènement plus “simple”, moins imaginatif, pour illustrer la transformation de Hulk, et se serait sans doute centré sur les dégats que causeraient le personnage... ça aurait été une autre approche, pas moins bonne en soit, sans doute plus spectaculaire – à condition d’avoir les moyens pour, bien sûr - mais qui aurait été nettement moins originale et thématiquement beaucoup moins riche, et au final, moins intéressant sur le fond... bon, bien sûr, sur le seul principe, je n’aurais pas été contre une bonne vieille destruction de décor...). Autrement, pour ce court-ci, comment vous êtes vous débrouillé pour le budget?
-David Sarrio : Comme on a pu avec 25000 euros. Ce qui est le prix moyen (plutôt en dessous même) d'un court avec copie 35mm au bout. Sauf que là, vu les ambitions du projet, je revoyais, régulièrement tout a la baisse lors de l'écriture du scénario...
-Vraiment? Mais quelle type de scène as-tu abandonnées ?
-David Sarrio : C'est plutôt de l'ampleur dans les scènes que j'ai du abandonner. Car consciemment ou inconsciemment, l'écriture étant conditionnée par la contrainte budgétaire liée au projet, on finissait par “coincer” nos personnages dans quatre murs. J'aurais aimé commencer le film par des prises de vue extérieures sur l'appartement virtuel de Banner, c'est également un appartement que j'aurais aimé proche de celui de Jude Law dans « Bienvenue à Gattaca »…J'aurais aimé plein de plans de ce type suivant les décors.
-La production s’est déroulée sur combien de temps? Des anecdotes à offrir à nos lecteurs? Où avez-vous tourné? Dans quelles conditions? Comment avez vous élaboré le décors?
-David Sarrio : On a eu six jours de tournage : Deux jours sur Paris et quatre jours dans une usine désaffecté en banlieue. On tournait en moyenne 25/27 plans (sfx et comédie) par jours (de grosses journées !). C'est avec ce qu'il avait à sa disposition dans l'usine, ainsi qu'avec des objets empruntés ci et là, que le chef déco à “bricolé” le décor du labo et du bunker retenant Banner. Il a fait des miracles avec environ 1700 euros. Je me souviens que dès que je changeais d'axe de camera, on déplaçait le seul écran plasma, que l'on avait loué (NdA : pour l’anecdote, Ridley Scott a eu recours aux mêmes aux mêmes genres de techniques pour les mêmes raisons sur Blade Runner), afin d'habiller l'image. Je précise que l'on diffusait des graphismes concoctés par Francois Ferraci (le même qui a fait des miracles avec les sfx du Frelon vert).
-Puisque tu évoques le frelon vert... le court métrage d’Aurélien Poitrimoult (2005) a été tourné en gros deux ou trois ans après Project Gamma (2002). Tu as travaillé sur le court comme cadreur, probablement en raison de ton expérience sur Project gamma et sur Daredevil. Comment t’es-tu retrouvé sur ce projet ? C’est le réalisateur qui t’a contacté ? Apparemment, Aurélien avait rencontré Manu Lanzi durant le tournage de ton court métrage de Feedback (dans lequel Manu Lanzi oeuvrait en tant que coordinateur des cascades). De cette rencontre est née le « Frelon vert », semble-t-il... court métrage dans lequel joue Manu Lanzi, justement (il fait le personnage titre). Visiblement le metteur en scène du frelon et to, vous avez de fortes accointances ! Aurélien a donc travaillé sur Feedback, lui aussi ?
-David Sarrio : Si tu cherche à faire une filiation avec mes courts, je dirais que le frelon vert est plus dans la continuité de Daredevil. L'ambition du court d'Aurélien (j’espère ne pas trahir sa pensée) se situait au niveau de l'ambiance visuelle, de l'icônisation des héros, et des combats. Aurélien et moi nous nous sommes rencontrés dans les locaux de Nomad films, et nous avons vite accroché ensemble. Je lui ai demandé d'être assistant réalisateur sur Feedback (démo réel d'un long métrage toujours en chantier). Une fonction qu'il a partagée avec Cheyenne Core. Sur le tournage il a rencontré Manu Lanzi avec qui il a finit par préparer Le Frelon Vert. Aurélien m'a ensuite demandé de filmer son court avec lui. Je l'ai alors mis en contact avec Marc Romani, un chef op’ qui travaille régulièrement avec un pote real Grégory Morin (ces courts sont vraiment à voir !). Sur le tournage, Aurélien s'est retrouvé avec Marc à établir les plans larges, et moi j'allais chercher à l'intérieur des scènes la matière filmique nécessaire au montage. C'était un travail sur les plans serrés des réactions des comédiens, sur les inserts et les raccords entre les plans qui m'a valu d'être aussi cité au générique comme conseiller technique. Aurélien est un mec à l'écoute des autres, alors lorsque que parfois nous n'étions plus que lui et moi sur le tournage (dans un court tout le monde ne peut pas toujours se libérer au même moment pour des raisons professionnelles) avec les comédiens, cela se passait vraiment bien. Sa mise en scène étant claire et limpide, et les chorégraphies de Manu et Vo hyper « carrées », le filmage des scènes allez de lui même. Et je peux vous dire que ce n’est pas tout les jours que Kato vous fait un sandwich…C’est vous dire que tout le monde mettait la main à pâte sur ce tournageJ.
-Ledit réalisateur avait comme idée de faire du court une série... ou de reprendre un autre personnage de super héros et d’en faire un nouveau court. Je ne sais pas si tu es encore en contact avec lui, mais tant qu’on y est... sais-tu où en sont ses projets ?
-David Sarrio : C'est un vrai pote, donc, oui, je sais qu'il prépare un court dans le même genre... Attendons qu'il l'annonce lui même.
-Le fait que l’on ne voie le personnage de Hulk à la fin est une volonté directe de ta part, ou est-ce une conséquence d’un manque de budget? (si c’est le cas, du reste, ça ne t’a pas desservi, puisque cela te permet d’y adjoindre ce concept particulier qui est celui du “à suivre” particulièrement plaisant, ici).
-David Sarrio : Disons que, dans le domaine du court métrage les choix narratifs sont souvent liés aux moyens dont on dispose. Déjà que vouloir montrer une transformation de Hulk avec nos moyens c'était casse-gueule... Alors, une scène – ou même seulement quelques plans avec un Hulk en pied crédible – c'était pas faisable. Cela dit, le concept du « à suivre » et cohérent avec la BD mainstream, non ?
-Parfaitement! Et comment as-tu attiré des noms comme celui de Féodor Atkine ou celui de Jean-claude Bouillon ? Comment les avez-vous rencontré? Comment s’est déroulé le tournage avec eux (bien, je m’en doute mais bon...) ?
-David Sarrio : Tu demande autour de toi si quelqu'un a leur coordonnées, tu les appelles, le projet les amuse, et sauf empêchement de dernières minutes, ils viennent jouerJ.
-Evidemment… Ça a l’air bougrement simple, présenté ainsi... J’imagine que tu t’es mis en contact avec François Ferraci de la même façon qu’avec les acteurs... (quoique... il semble faire partie du staff de réalisateurs de Nomad-films : http://www.nomad-films.com) Pour les sfx... Vous êtes passé par l’étapes CGI, par moment. A priori, c’était la première fois que tu en venais à utiliser ses outils. Tu es passé par une société extérieure?
-David Sarrio : J'ai d'abord fait un découpage précis des ma scène de transformation et spécifié l'approche graphique que je désirais. C'est a dire que je tenais à garder un aspect organique, à obtenir un effet de « chair en souffrance ». Je prenais souvent comme références les transformation de The Thing de Carpenter et du Loup Garou de Londres de Landis, et un superbe Dessin de Gabriel D'el Lotto. enfin, j'aurais aimé aller encore plus loin dans ce sens... Ensuite, malgré mes notions rudimentaires en matière d'effets spéciaux, j'ai fait une première déduction de ce qu'il me fallait : des sfx en latex, de la 2D, du morfing, le plan final en 3D, deux doublures aux physiques hors normes... Et du bidouillage de dernières minutes. Donc, d'un coté Jacques Olivier Molon et son équipe ont commencé a créer le buste et le pied de Hulk (une dépense conséquente de 3000 euros), pendant que l'on cherchait notre responsable des effets spéciaux numériques. C'est Kroa (l'un des meilleurs de France) qui a fini par venir sur le tournage pour en assurer les sfx. Il a, ensuite, dirigé une équipe de truquistes qui travaillaient chacun sur l’un des aspects des sfx. mais le plan le plus impressionnant, je le dois à Krao, c'est le plan large de Hulk/Banner sur son siège. C'est un morphing entre le comédien, la doublure (un body-builder) et le buste en latex. C'est vraiment un plan dont je suis fier !
-Molon, c’est l’équipe de FX/cinéma, je crois? (Pour voir le travail d’fx cinema : http://www.fxcinema.com/index.php) Ils ont fait aussi quelques boulots pour Guillaume Pin (pour “game cube”, la ba de “Paris cinema”, et les maquillages de “Medulla need”... Ils assurent). J’imagine que le montage a été considérablement plus long et compliqué que pour Daredevil... Tu as bossé sur quelles bécanes pour le montage et les effets spéciaux digitaux ?
-David Sarrio : Non, le montage (environ sept jours sur un banc Avid classique) n'a pas été - techniquement - particulièrement difficile, pas plus qu'un court lambda. De toutes façons, vu le temps de tournage réduit, et en raison d'un découpage précis qui donnait déjà la direction narrative à suivre, nous n’avions, me semble-t-il, qu'une seule voie à suivre pour monter le film.
-Tu as de nouveau travaillé avec Canonball, sur ce court (cf. http://www.canon-ball.biz/cv/cv.htm pour voir l’acteur au “naturel”). Ce catcheur est une vraie masse... et le bonhomme est visiblement touche à tout : catcher, acteur, professeur de lutte scénique, réalisateur... Il est pour le moins eclectique. Comment l’as-tu rencontré?
-David Sarrio : Canonball est un pote. Sur Projet Gamma, j’avais besoin de lui pour mouler le pied de Hulk et pour “jouer” le plan du pied pendant le tournage. C'était pas quelque chose de très gratifiant, mais Canonball et un mec sur qui vous pouvez compter.
-Tu as des scènes coupées de tes courts, quelques part?... Peut-être susceptibles d’être visibles en dvd, le cas échéant?
-David Sarrio : Des Scènes coupées ??!! Pour le moment, en ce qui me concerne (et c'est le cas de beaucoup de courts), vu les moyens qu'auraient demandé mes films, j'ai plutôt un manque de scène ou de plans au final.
-On a parlé de toi dans le magazine de Mad Movies. En dehors de cet accueil, positif, quel retour as-tu eu, pour ce court (question récurente, mais logique)
-David Sarrio : J'ai aussi eu des articles dans Comics Box, SFX magazine, sur plusieurs sites de BD et de cinéma étrangers, des reportages tv dans le journal du cinéma de C+, 13ème rue, Allociné Tv, pleins de bonnes choses, quoi. Après, si le sens de la question est de savoir si j'ai eu des propositions de travail, voir de longs métrages, il faut savoir que vivre de la réalisation (clips, pubs, films institutionnels...) est très difficile, et plus encore lorsque vous êtes catalogué comme réalisateur de film de mec en collant moule burnes (lol). De plus, pour enchaîner sur un long métrage, il vaut mieux avoir un scénario prêt à tourner et pas cher à produire. Ce qui n'était pas mon cas à ce moment là.
-Tu souhaitais, semble-t-il, adapter en court métrage le personnage du “surfer d’argent”? (vu dans une autre interview, celle de manwithoutfear… Mais il semble en fait qu’il s’agisse d’une erreur de traduction de ma part) C’est toujours en projet ?
-David Sarrio: Je ne me souviens pas de ça! Dans une économie à la Daredevil, j'avais écrit une sorte de suite à mon court qui s'intéressait principalement à Bulleys et Elektra. Sinon, je pensais à des super héros plus urbains et lunaires genre Luke Gage, Iron fist (c'est surtout Pierre, un pote pratiquant d'art martiaux qui m'en parlait) Batman (mais avec le p'tit bijoux “Batman Dead End” je me suis dit que je devais vraiment avoir des moyens pour faire aussi fun), Wolfwerine, le Punisher… Et puis à un moment, on se dit, et l’on vous dit, qu’il serait bien de créer son propre super héros!
26 mai 2007
Cinéma fantastique... Exclusif! Interview du réalisateur David Sarrio!
David Sarrio est l’un des metteurs en scènes les plus doués du cinéma fantastique français actuel. Le jeune réalisateur français, s’apprête à nous présenter son prochain court-métrage : « the Punisher ». Déjà metteur en scènes des remarquables « Daredevil », « Project Gamma » et « Feedback », il accepte, pour nous, de répondre à quelques questions. Remercions-le de tout cœur pour sa gentillesse et sa disponibilitéJ.
-Sonador : David... Tu as décidé de devenir réalisateur dès l'âge de quinze ans. N'ayant pas eu la possibilité d'entrer dans l'industrie cinématographique, tu as commencé par investir de toi-même, avec des propres économies, dans tes propres courts. Qu'est ce qui a provoqué cette étincelle? Pourrais-tu nous parler de tes débuts ?
-David Sarrio : En fait, lorsque je me suis décidé à faire un court, et donc de me lancer enfin dans une carrière de réalisateur, m’à première envie a été de faire vivre les (super) héros de mon enfance. Je savais que dans le paysage cinématographique français c’était quelque chose d’inhabituel et que dans un premier temps je passerais sûrement pour un ado attardé qui va droit dans le mur avec un projet pareil. Moi, j’y voyais un pari esthétique à relever ainsi que le moyen de payer mon tribut aux comics.
Il se trouve que je dois aux comics de faire de la réalisation. En effet, j’ai très tôt, dès tout petit avec les Walt Disney, « Godzilla » (NDA. L’original japonais de 1954, produit par la Toho et réalisé par Ishirô Honda, ainsi que ses suites… David ne parle pas du film US), puis Conan, James Bond, les films fantastiques des années 1930/1960 qui passaient à la tv...) eu un rapport très émotionnel avec le cinéma, mais c’est l’adaptation au cinéma des « Superman » qui m’a amené à lire Starfix (NDA. Starfix était un journal de cinéma qui défendait aussi bien le film de genre que le film d'auteur. Christophe Gans, Nicolas Boukhrief, Doug Headline et d'autres fondent le mensuel en 1983. Il disparaît au milieu des années 90 pour réapparaitre au cours des années 2000 sous une nouvelle déclinaison, indépendante du magazine original), Mad Movies, etc., des magazines qui m’ont alors ouvert au travail des cinéastes. A partir de là, je ne pensais plus qu’à voir des films, à lire les textes de ceux qui en parlaient avec passion et à comprendre comment se fabriquait un long métrage. En fait, le « futur » père de Michael J Fox dans « Retour vers le futur 1», c'était moi !(rire)
J'imagine que c'est comme cela que j'ai « appris » la grammaire cinématographique. Disons que si depuis 4/5 ans je commence à comprendre comment s'écrit un scénario (j'ai surtout compris que c'est un vrai métier et que les scénaristes avec qui je travaille maîtrisent cela mieux que moi), en ce qui concerne le langage filmique, c'est vraiment un rapport avec l’image qui m'a toujours paru plus ou moins évident. Faire un découpage pour raconter une scène, c'est quelque chose (après réflexion sur ce que devait traduire visuellement la scène en question) que j'ai, assez tôt, plutôt bien conceptualisé. Pour raconter une histoire, mon stylo, c'est la camera !
-Tu es donc complètement autodidacte ? (Que ce soit en matière de réalisations, de conceptions de scénarii ou de story-board ?)
-David Sarrio : Oui… Et non ! J'ai appris en regardant des films et en lisant principalement Starfix, Mad movies, et l'Ecran Fantastique.
-Une question plus personnelle : Y a-t-il, quelque part UN film en particulier qui t’as donné l’envie de faire du cinéma ?
-David Sarrio : Ce que je peux dire, c'est que je voulais faire un « Superman » parce que je pensais savoir comment traiter le sujet.
Mais, si je repense à mes chocs cinématographiques de pré-adolescent (« Blade Runner » en tête, sur nos bonnes VHS granuleuses d'il y a quinze ans), je ne suis pas sûr que ces grands films m'aient donné envie de faire des films. Je restais un humble spectateur espérant surtout voir de nouveau des films de cette qualité. Donc, je me demande, si ce n'est pas plutôt les sympathiques films de série B d'action, d'horreur, etc., que je dévorais et qui me donnaient envie d'être réalisateur. Je me disais que je ne pouvais pas faire pire que certains et qu'en bossant, je pouvais aussi faire un film sympathique.
Puis, je me rappelais que l'on était en France, pays de grande culture, et que vouloir faire ce genre de cinéma ici était un peu mission impossible !
-Jeune, passionné de "genre" et de comics, avec un budget de seulement 30 000 francs (4500 euros environ), tu t'es lancé dans la production de ton premier court-métrage : Daredevil. Comment a commencé la production du film ? Comment l'as-tu financé ?
-David Sarrio : J’avais au départ 20 000 francs pour produire Daredevil the teaser. Puis j’ai eu un imprévu (EDF ne voulant plus me faire les branchements) d’environ 6 000 francs suite à la nécessité d’utiliser un camion pour l’électricité. C’est mon père qui m’a avancé l’argent. Il a juste « tapé » quelques jours supplémentaires de travail (il fait le taxi).
-Concernant EDF, j’ai déjà entendu une anecdote similaire de la part d’un ami réalisateur... Quoiqu’un peu différente : il avait oublié de les prévenir... et le matos était plutôt exigeant en énergie (si je me souviens bien). Il ne se fera pas avoir deux fois ! Les aléas de la réal… Autrement, tu as convaincu Marvel de te laisser les droits d'adaptation ? Comment as-tu réalisé ce qui me parait être un joli tour de force ?... Ca parait assez surprenant, étant donné ton peu d’expérience qui était alors la tienne dans le domaine du cinéma.
-David Sarrio : Ceux qui font des fans films n'ont pas les droits d'adaptations. Ils s'engagent tacitement à ce que leurs films ne soient pas commercialisés. Sachant qu'un court ne rapporte pas d'argent généralement. Donc, je n'avais pas les droits d'adaptation. J'ai tenté le coup, me disant qu'il n'allaient pas sanctionner une demarche de pur fan. Puisque un court ne rapporte pas d'argent mais en coute, je ne faisais pas de profit sur leur dos.
-Etant donné que tu n'as pas fais d'école de cinéma, comment as-tu appris les "techniques", les SFX, les ficelles et le langage cinématographique ? Tes expériences précédentes se sont elles révélées suffisantes pour mener à bien tous les aspects d'une production tel que ton premier court ?
-David Sarrio : Bien avant de réaliser des courts, lorsque j’imaginais des scènes (souvent d'action !), je cherchais toujours comment je pouvais tricher pour faire efficace et pas cher. J'adorais les astuces, comme celle de faire croire à un lancer de couteau qui se plante dans le plan d'après (un truc que j'ai testé dernièrement sur « Le frelon vert » d'Aurélien Poitrimoult). Pour mieux comprendre ce que je dis, écoutez le commentaire audio du Pacte des Loups, Gans explique bien le truc.
-Puisqu’on parle de ça, de quelle façon abordes-tu le travail d’écriture ? Ecris-tu le scénario, dès le départ, en fonction des scènes, voire des angles de prises de vue que tu imaginais ? Ou commences-tu par l’histoire, de la façon la plus basique, pour ensuite, seulement, te concentrer sur la façon dont tu allais les mettre en images (via le story-board, en particulier) ?
-David Sarrio : Au début, je fonctionnais ainsi (Ecrire le scénario, dès le départ, en fonction des scènes, voire des angles de prises de vue que j’imaginais). Maintenant, je fais les choses dans l'ordre. Le scénario avant tout !
Tout ça pour dire que ce qui participait aussi à l'envie de faire ce projet c'était de trouver des astuces pendant le tournage pour faire croire aux exploits de notre DD. Par exemple, le plan de Daredevil arrivant face camera dans la ruelle, c'est en regardant des gymnastes à la TV, que j'ai eu l'idée d'utiliser un gymnaste de l'INSEP, de le faire rebondir sur un trampoline, et qu'il atterrisse sur un matelas. La camera étant placée en contre plongée, raz du sol, avec un cadre précis sur l'angle de l'immeuble. Ensuite c'est le montage d'un insert sur les pieds de DD qui sautent (depuis une fausse corniche en bois fabriquée par mon beau père), d'un plan de réaction des deux malfrats, et enfin, d'un plan d'atterrissage qui donne l'illusion du saut depuis un toit.
Ce plan face camera, j'y tenais d'autant plus que dés le story-board c'était mon hommage aux cases de comics faites par Gene Colan et Kirby.
-Sincèrement, le résultat est bluffant. C’est totalement invisible, à l’écran. Et en dehors de tes premières expérimentations, comme celle de l'anecdote du couteau (qui me fait d'ailleurs penser aux débuts de Spielberg ou de Georges Lucas, soit dit en passant... mais beaucoup de réalisateurs ont débuté ainsi, bien sûr), quel était ton background, avant de monter le projet Daredevil? Ou peut-être es-tu directement passé à la réalisation de Daredevil ?
-David Sarrio : Un an avant, il y a eu uniquement un court, qui n’était qu’une suite de scènes dialoguées, fait avec un pote d'enfance comédien. J'ai juste retenu de cette expérience que je me sentais effectivement « vivant » sur un plateau. Si je n'avais pas d’abord accepté de coproduire et de coréaliser ce court avec mon pote, j'aurais certainement réalisé Daredevil plus tôt. Il faut savoir que je me suis (enfin !) lancé dans ce court avec mon pote suite à une rencontre avec Gilles et Tristan, deux réals qui m'on dit qu'avec 30/40 000 francs on pouvait faire un court en pelloche. A cette époque j'étais tellement loin de ce milieu (et pas très malin, non plus) que je pensais qu'il fallait minimum 6/7 fois plus pour commencer un projet de court. C'était des chiffres que j'avais dû lire quelques part. Un document provenant du CNC, je penses. Clairement, je ne pensais pas que beaucoup de gens pouvait participer gratuitement à un projet de film ou qu’une caméra, avec de la persuasion, pouvait vous être prêtée…
-Comment s'est passé le tournage? Peut-être as-tu des anecdotes...
-David Sarrio : Le tournage c'est déroulé sur quatre nuits... Je suis en panne d'inspiration sur ces questions !
-Eh bien, pour ce qui est matériel, par exemple (et je ne parle pas du décor, puisque tu viens toi-même d’en parler) ? 20 000 francs me paraît a priori assez court pour réunir le matos nécessaire à un tournage. Comment tu t’y es pris ?
-David Sarrio : J'ai tout négocié comme un marchant de tapis ! Plus sérieusement, beaucoup de gens m'ont aidé.
-Côté technique, tu as utilisé le latex pour le costume, et les maquillages, pour le caïd - faute de moyens - semble avoir été réalisé en "flux tiré" (prêt une heure avant le tournage). Vu ton manque d'expérience dans ce domaine, on ne peut qu'être impressionné par le résultat... (si, si!). D'un côté, sur manwithoutfear (site Web auquel tu as accordé un interview, il y a quelques années), tu sembles satisfait des choix qui t'ont permis d'aboutir à un résultat satisfaisant... et en même temps, dans tes réponses, sur Mad Movies, tu me semblais craindre, à une époque, de te faire "lyncher" (pour reprendre tes propres termes) à cause de l'apparence ratée du caïd... Peux-tu nous en dire plus?
Le caïd
-David Sarrio : Canon Ball (le caïd) voulait mettre une sorte de grosse carapace en latex qu'il avait déjà utilisé dans une pièce de théâtre. J'ai trouvé l'idée bonne, mais une fois l'œil derrière l'objectif ma chef opératrice, Sophie Cadet, m'a fait remarquer que cela passait mal à l'image. Plutôt que perdre un temps fou à l'ôter et parce que le comédien avait tenu à le mettre, j'ai pris la mauvaise décision. Dès le départ j'aurais du dire à mon pote Canon Ball qu'il ressemblait au caïd sans ça (Un catcheur de 180kg pour 1m85 quant même !). Deuxième soucis, et là je n'avais pas de solution, impossible de lui raser la tête. Donc une prothèse de faux crâne lui a été posée juste avant de tourner. Malheureusement, cela lui gommait les marques d'expression du front. Le personnage devenait trop « gros bébé ». La représentation du caïd devenait très Cartoon.
Mais bon, je n’allais pas stopper le tournage pour autant. Je me suis alors dis que Je n'avais plus qu'à compter sur l'indulgence du public.
Le caïd... au naturel
-Ton expérience des effets spéciaux, affûtée par tes travaux précédents, a-t-elle été suffisante pour mener à bien toutes tes astuces sur Daredevil, ou as-tu fait appel à un professionnel de l'extérieur pour t'aider à les concrétiser? (en clair : tes idées, comme celles d'utiliser le coup du trampoline, viennent de toi seul ou tu as bénéficié d'un coup de main pro)?
David Sarrio : Pas de coup de main de pro ! Et puis ce sont surtout plein de petites astuces plus que des FX, d'après moi.
Comment s’est déroulée la phase post-production ? Le montage, en particulier ?
David Sarrio : Cela prend surtout du temps car il faut s'adapter aux disponibilités des gens. Montage image, montage son, génériques, quelques Fx digitaux, et l'étalonnage, tout cela c'est repartis sur un an.
-Comment as-tu "diffusé" le court métrage? Dans les festivals (comme ça se fait souvent)? Autres? Quel en a été l'accueil, au départ? Il semble avoir connu un franc succès... : 1er p














