èaffiche_dvd_blade_runner1-BLADE RUNNER – La genèse-

Réalisateur : Ridley SCOTT. Production : Michael DEELEY. Scénario : Hamton FANCHER/David PEOPLES, d’après Philip K. DICK. Photographie : Jordan CRONENWETH. Chef décorateur : Lawrence PAULL. Directeur artistique : David SNYDER. Responsable des concepts visuels : Syd MEAD. Costumes : Charles KNODE. Montage : Terry RAWLINGS. Musique : VANGELIS. Sfx plateaux : Terry FRAZEE. Effets visuels : Douglas TRUMBULL/Richard YURICICH/David DRYER. Photographie des miniatures : Dave Stewart (mais non, pas le chanteur... bande de nazes...). Superposition optique : Robert HALL. Chef Maquettistes : Mark Stetson. Peintures sur verre : Matthiew YURICICH. Animation : John Walsh.

Interprètes : Harrisson FORD (Deckard), Rutger HAUER (Roy Baty), Sean YOUNG (Rachel), Edward James OLMOS (Gaff), M. Emmett WALSH (Bryant), Daryl HANNAH (Priss), William SANDERSON (J.F. Sebastian), Brion JAMES (Leon Kowalski), Joe TURKEL (Docteur Eldon Tyrell), Joanna CASSIDY (Zhora (alias Miss Salomé), James HONG (Chew), Morgan PAULL (Holden), Kevin THOMPSON III (Bear), John Edward ALLEN (Kaiser), Hy PYKE (Taffy Lewis), Kimiko HIROSHIGE (La Cambodgienne), Bob OKAZAKI (Le patron du Sushi), Carolyn DEMIRJIAN (La prostituée), Kelly HINE (la strip-teaseuse), Rose MASCARI (Patron de bar). 

Durée : 1 h 56

Sortie US : le 25 juin 1982.

   Chef d’œuvre incontesté et ancêtre direct du cyberpunk littéraire (ayant notablement influencé William Gibson, père du genre), « Blade Runner » (littéralement, « celui qui court le long du fil du rasoir », terme désignant les chasseurs d’androïdes,  interdits sur Terre) est sorti dans nos salles en 1982. La mode était alors au Space Opera et le fantastique ne s’était alors jamais senti aussi bien.

   « Blade Runner », le roman, a été écrit par Philippe K. DICK en 1968, sous le titre « les androïdes rêvent-ils de moutons électriques » (« Do Androïds dream of electric sheept »). DICK – qui à l’instar de LOVECRAFT et de tant d'autres artistes de talent – n’a jamais connu le succès de son vivant – y décrit une chasse à l’androïde organique (les réplicants) au cœur de Los Angeles, sur une Terre dévastée par la bombe, dans un contexte où l’on ne sait plus qui est humain et qui ne l’est pas et dans lequel les animaux ont presque totalement disparu. Dans l’ouvrage, qui se déroule par ailleurs en 1992, les robots, des androïdes organiques ne se distinguent de l’humain que de par leur courte vie et par leur absence d’empathie, tandis que l’humain perd une partie de son humanité, précisément, sous l’effet des radiations et sous l’influence de ses créations, ne sait plus distinguer le vrai du faux. Pire encore : les androïdes, plus forts, plus intelligents que l’homme, font figure de nouvelle espèce, toute prête à prendre le relais d'une humanité qui survit difficilement sur Terre ou qui doit s’exiler dans les colonies. La réflexion sur qui est humain, qui ne l’est pas, ce qui fait de l’homme un être humain à part entière, la paranoïa et la schizophrénie font partie intégrante de la thématique de DICK (l’auteur, par ailleurs drogué pendant une grande partie de sa vie, a alterné les séances en asiles psychiatriques et souffrait de schizophrénie).

On peut retrouver ses mêmes thématiques dans les autres adaptations cinématographiques de ses romans à savoir, dans le désordre : « Minority Report » (Steven Spielberg - 2002), « Planète hurlante » (Christian DUGUAY - 1995), « Impostor » (Gary Fleder – 2002 – film qui contient par ailleurs des stock-shots de « Starship Troopers »), « Total Recall » (Paul VERHOEVEN – 1990), « Paycheck » (John WOO - 2003) ou le franchouillard et méconnu « Confession d’un Barjot » (Jérôme BOIVIN – 1992), sans parler des autres adaptations en cours ou à venir.

   Pour en savoir plus sur Philippe K.DICK, je vous invite à cliquer sur le lien Wikipédia, ci-contre : PKD.

La Naissance d’un projet.

En 1978, Hampton FANCHER, acteur de cinéma et de télévision, acquiert les droits pour une bouchée de pain. Il en rédigera un scénario qui séduisit aussitôt Michael DEELEY (alors titulaire de pas moins de cinq « Oscar » pour la production de « Voyage au bout de l’enfer » de Michael CIMINO). Il envoya le jet à Ridley SCOTT (Par ailleurs, frère de Tony « Man on Fire » SCOTT).

  Ce dernier était alors pris sur une autre production : « Dune », adaptation du Roman de Franck Herbert.

Or, après dix-huit mois d’effort, cette deuxième tentative d’adaptation (il avait déjà fait l’objet d’une première tentative par Alejandro JODOROWSKI et MOEBIUS en 1975 : http://membres.lycos.fr/sarfa/ - pour en savoir plus sur ce projet) échoua. Ridley Scott, après avoir réalisé « Alien » avec ce qui restait du staff de l’adaptation avortée (notamment H.R. GIGER), se tourna donc naturellement vers la production de « Blade Runner ». Le scenario de Fancher fut alors confié à David Peoples.

   La production.

L’auteur du film « Alien, le huitième passager » décida alors de remanier l’histoire. Initialement plongée dans un âge glaciaire, Los Angeles devient une cité tentaculaire, pluvieuse, polluée, ultra-cosmopolite, surpeuplée et surtout obscure. La production, à cause des limitations de budget, ne pouvait se permettre d’avoir des décors transportés au nord des USA (Détroit et Chicago ayant été envisagé comme lieu de tournage). A l’inverse, les studios de la Warner, à Los Angeles, offraient tout ce qu’il fallait de rues polluées et glauques.

Ridley Scott recrutera donc le chef-décorateur, Lawrence PAULL (plus tard employé sur Retour vers le futur) et David SNYDER (futur décorateur de « Démolition Man » à qui l’on a plus tard souvent demandé de recréer des décors comparable à « Blade Runner ») pour imaginer le Los Angeles des années 2019. Très tôt, il fut décidé de créer un univers crédible, tangible, qui soit dans la continuité du monde des années 80. Le réalisateur organisa une projection de « l’âge de cristal » (adapté par Michael ANDERSON, en 1976, d’un roman de William F. Nolan et de Georges Clayton Johnson écrit un an avant « Blade Runner ». Avec Michael YORK et Farah FAWCETT dans les rôles principaux*). Selon SNYDER, SCOTT demanda à ses décorateurs de faire... exactement le contraire de ce qui avait été fait sur « l’âge de cristal ».

Exit, donc, les façades fleuries, les couleurs criardes et les jolies courbes cocaïnées...

Autre employé d’importance recruté pour le film : Syd MEAD (lien vers son site web : http://www.sydmead.com/v/01/splash/). L’artiste conceptuel avait déjà travaillé pour Douglas TRUMBULL (lien et un autre lien, sur « Star Trek, le film » (Robert WISE - 1979), sur « Tron » (Steven LISBERGER - 1981) et allait bientôt travailler sur « 2010 » (Peter HYAMS – 1984 – la conception du « Leonov », c’est lui), sur « Aliens » (James CAMERON – 1986) ou même sur le projet avorté de Sylvester Stallone « Isobar » (que devait réaliser Ridley Scott, justement).

Initialement, MEAD devait se concentrer sur les produits usuels de la vie quotidienne et sur la conception des véhicules (les « Spinners** »). 

concepts_mead_pour_bl1Syd MEAD créa des vues dessinées en intégrant les « Spinners » dans leur contexte – pour mieux « vendre » ses concepts. Or la vision de l’environnement dessinée par MEAD plut tellement à Scott que le rôle de l’artiste fut étendu à l’ensemble de l’environnement graphique du film et servit de référence pour les décorateurs et les maquettistes. PAULL et SNYDER n’eurent plus qu’à « salir » le contexte visuel du film pour en accroître encore la vraisemblance.

Pyramides, symboles de vie éternelle et symboles de pouvoir,  et Spinners, symboles... symboles de quoi, d’ailleurs ?...

L’auteur « d’Immortel Ad Vitam Eternam » (2004), Enki BILAL n’a rien inventé. Celui-ci aurait envisagé de faire un procès à l’encontre des auteurs du film « Stargate » (Roland EMMERICH – 1989. Encore un ancien de la publicité, allemande cette fois), voire à Luc BESSON pour « Le cinquième élément » (d'ailleurs, pour être franc, je le trouve un peu gonflé, là, le père BILAL), pourtant, il aurait presque pu en faire de même pour « Blade Runner », puisque la bande dessinée qui est à l’origine de son film, « La foire aux immortels » est sortie en 1980 : les véhicules volants... les pyramides... les prémices sont bel et bien là. (Je rajoute ceci, bien après l'écriture de cet article : Erwan Le Gac me fait très justement remarquer que bien avant Bilal, il y a eu le "Metropolis" de Fritz Lang. Bilal a donc la mémoire courte - et d'ailleurs, moi aussi, pour le coup. Je n'y avais pas pensé).

Douglas TRUMBULL imagina les pyramides de la Tyrell Corporation pour symboliser le Dieu créateur des Androïdes (les réplicants, dans le film), à savoir Eldon Tyrell.

MEAD imagina donc le concept de l'autre élément emblématique du film, à savoir les Spinners. Au départ simple goutte d’eau aplatie, ce sera l’adjonction d’éléments externes (chiffre, prises d’air, gyrophares...), surchargeant la carrosserie, qui donneront vie et crédibilité aux véhicules.

dans_le_spinnerIl est à noter pour la petite anecdote et pour les plus attentifs, que sur l’écran intérieur du Spinner conduit par Edouard James OLMOS (futur acteur de Miami vice et de la version moderne de la série BattleStar Galactica), figure sur l’écran la séquence en filaire déjà présente sur les écrans de contrôle de la navette du « Nostromo » lors de son détachement du cargo vers Acheron (LV4-27, si vous préférez), dans « Alien, le huitième passager », réalisé par SCOTT (sans doute un moyen comme un autre d’optimiser le budget du film). Autre anecdote : le personnage d’Olmos a en fait été crée pour une raison toute basique : le cockpit du véhicule étant trop petit pour Harrison Ford, il fallut alors un nouveau « pilote » pour conduire le véhicule, tandis que Ford restait sur le siège passager, recroquevillé comme il le pouvait.

l.a._culte_de_l_imageLos Angeles, par le procédé du Mate Painting (peinture sur verre... l’expression est aujourd’hui souvent étendue aux décors en CGI) fut agrémentée de centaines d’immeubles aussi dantesque que sales. La pollution, le microclimat et la pluie suggéré dans l’image constitua l’ambiance graphique du film, tandis que la surpopulation, la variété des styles et des époques mélangées dans le melting-pot futuriste de L.A., bouclait la boucle.

Los Angeles, 2019 était né.

Le tournage.

Le tournage fut un enfer pour les intervenants du film

Les immeubles de la rue « Warner », de 1929, reçurent l’ajout de câbles, de tubes et autres panneaux issus de « coup de cœur » de Francis Ford COPPOLA. Il fallut déposer les immondices au sol, créer une invraisemblable quantité d’accessoires « quotidiens » comme les boites aux lettres, parcmètres, etc... Scott fit même imprimer des journaux pour un kiosque qui ne devait pas apparaître à l’écran.

Ridley SCOTT – comme son frère – a longtemps oeuvré pour la publicité : le rythme de travail n’y est (ou du moins "n'y était" pusqu'il parait que c'est en train de changer) pas le même (En proportion, les délais sont souvent bien plus larges et le souci du détail plus poussé que sur les productions télévisées ou cinématographiques). Cela s’est particulièrement senti sur le tournage : la maniaquerie de Scott poussa les décorateurs à (très très peu) dormir sur place pendant toute la durée du tournage. Lawrence Paull passa trois semaines ainsi, à déménager des éléments coûteux du film d’un côté de la rue à l’autre, à inverser au dernier moment le sens de toute une série de colonnes, etc... Chaque jour, SCOTT demanda à faire faire des changements d’importance dans les décors quelques heures à peine avant le tournage d’une scène. Chaque décor fut ainsi remanié.

Jamais aucun réalisateur ne manifesta un tel souci du détail. La star du film, Harrisson FORD finit lui-même par déplorer cette attitude, puisque selon lui le réalisateur délaissa ses acteurs au profit des décors (critique que l’on peut d’ailleurs au passage faire aussi à Georges Lucas pour la prélogie Star Wars).

Pourtant, tandis que le film prenait forme, les décorateurs comprirent peut à peu que le metteur en scène voyait juste. Progressivement convaincu que c’était la voie à suivre, ils finirent par redoubler d’effort, notamment dans le cas de l'immeuble Bradbury (lieu de vie de JF Sebastian) -  à l'époque occupé par des bureaux - transformé chaque nuit en bâtiment vide et insalubre pour le tournage des scènes puis nettoyé avant les horaires de travail des employés de l'immeuble.

Autre anecdote de tournage :

La scène du saut entre les immeubles, à la fin du film, avait été préparée de la façon suivante : les « toits » étaient en fait des plates-formes montées sur roulettes. Plusieurs mètres séparaient les deux toits... trop en fait, selon le cascadeur du film, qui devait effectuer le saut à la place de Rutger HAUER. SNYDER prit alors l’initiative de rapprocher les deux plates-formes, mais Scott, furieux, donna l’ordre de tout remettre en place. Le cascadeur refusa de faire le saut.

Et c’est HAUER (pas encore bedonnant...) qui l’effectua en personne, sous les applaudissements de toute l’équipe.

La post-production

« Entertainment Effects Group », la société de Douglas TRUMBULL assura les SFX (SFX pour « Specials Effects »)

TRUMBULL, qui, après 1982, a malheureusement cessé de bosser pour le cinéma pour se reconvertir dans la conception de parcs d'attraction (eh oui...) sortait alors de la production de « Rencontre du troisième type » (Steven SPIELBERG - 1977), et de Star Trek, le film (Robert WISE - 1979), et travaillait déjà à la réalisation de son deuxième film : « Brainstorm » (1982). Comme il manquait de temps pour travailler sur « Blade Runner », il proposa à Ridley SCOTT de lui préparer des effets spéciaux clé en main, tandis que leur filmage resterait à la responsabilité de quelqu’un d’autre.

la_2019David DRYER, autre réalisateur issu de la publicité, sera ce « quelqu’un d’autre ». Le problème du budget se posa très vite, et dès le départ, la moitié des plans prévus furent supprimés (notamment une scène d’embrouillage sur l’autoroute, passage qui se concluait par le décollage du Spinner de Deckard loin des voitures restées sur l’échangeur). Toutefois, la production a été si emballée par le résultat de ce qui avait déjà été fait qu’ils décidèrent de rallonger le budget d’un million et demi de Dollars (nous n’en étions pas encore à l’époque où les films coûtaient 200 millions à la tirelire). La rallonge représentait tout de même un peu plus de l’équivalent de ce qu’avait coûté « Silent Running », réalisé par le même TRUMBULL, quelque dix ans plus tôt.

Toutefois, pour entrer dans le budget, il fallut quand même utiliser les techniques les moins chères possible : les fameuses « Mate Paintings » pour incruster les immeubles, (malgré l’utilisation des maquettes pour les deux « voyages » du Spinner au-dessus de LA : des miniatures d’immeubles d’un mètre cinquante à deux mètres de haut furent utilisées) et autres petits trucs comme la double exposition pour les deux pyramides de la Tyrell (il n’y a donc en fait qu’une seule maquette pour les deux immeubles), la découpe à l’acide pour les fenêtres de certains bâtiments et, pour le paysage urbain exposé lors de l’introduction du film (Anecdote : il fallut une personne pendant une semaine pour gratter huit heures par jour les bâtiments afin de « découvrir » les fenêtres ensuite éclairées par des projecteurs puissants placés derrière), la perspective forcée (par ailleurs notablement utilisée sur le Seigneur des anneaux pour rendre crédible les proportions entre la taille des personnages de la saga mythique) ou la projection vidéo (pour les écrans géants du film : des séquences filmées au préalables, projetées sur un écran vrillé de lignes blanches, puis refilmées une seconde fois et finalement projetées pour être filmées une troisième fois sur les écrans du film pour donner le côté écran TV). 

Anecdote :

« Blade Runner » pourrait être considéré comme étant l’un des premiers films à faire de la publicité dans le métrage : on peut apercevoir des panneaux « Sony » et autre « Atari ».

Les peintures sur verre ont été réalisées par Matthiew YURICICH, frère de Richard (collaborateur attitré de TRUMBULL). Le bonhomme avait déjà bossé sur « planète interdite », « Ben Hur », « Soleil Vert » et « L’âge de cristal », justement (quoi, comment ça, rien que ça ?...). Il a réussi l’exploit de rendre crédible, réaliste des décors dépeignant un environnement pluvieux, grâce à des superpositions d’éléments multiples, de plaques mobiles, de caches et de fumée.

Quant aux maquettes des Spinners**, tournés dans une salle enfumée (pour accroître la densité et établir la proportion : on dit qu’il faut multiplier la densité de l’air par quatre si on veut qu’un objet fasse quatre fois plus gros qu'il ne l'est en réalité...), quatre seulement furent réalisées. Produits de caches et de contre-caches (et non pas de la technique désormais courante de l’écran bleu), chaque élément des véhicules furent tournées séparément via des caméras pilotées par ordinateurs puis rassemblés ensuite (une nécessité : chacun des éléments ayant une luminosité différente. Par exemple, prenons la carrosserie, et les gyrophares : si tout avait été filmé ensemble, le deuxième aurait noyé le premier élément).

Ridley SCOTT est resté derrière chaque technicien à surveiller chaque étape de la postproduction pour que chaque effet visuel soit cohérent avec les décors du tournage.

La bande musicale (magnifique, à mon humble avis) sera confiée à VANGELIS.

La sortie du film.

En avril 1982, la Warner organisa une projection-test (projection destinée à estimer quel sera l’accueil du public en fonction du montage déjà réalisé et à valider celui-ci s’il est satisfaisant : une procédure courante aux Etats-Unis). Le public, s’attendant à un voir un film d’action, se révéla non seulement déconcerté, mais aussi déçu par le film de SCOTT (pourtant, à bien y réfléchir, « Alien » n’était pas précisément un film d’action tout joyeux-joyeux...).

La noirceur du film, la complexité des propos du film provoqua donc un rejet du public interrogé.

br___licorneLa Warner, distributeur du film, reprit alors le montage, simplifia l’histoire, élimina les thèmes parallèles et ajouta une voix off, commentée par Harrison Ford. Ce dernier s’opposa à cette idée, mais étant sous contrat, il dût finalement s’y plier et, façon de manifester son désaccord face au remontage de ce qu’il considérait lui-même comme un chef-d’œuvre, récita son texte de la voix monocorde qu’on lui connaît dans le métrage. La fin fut aussi changée, rallongée et l’incertitude de la conclusion disparut pour être remplacée par une note d’espoir (surtout concernant le personnage de Rachel). Selon la vision de Scott, Rachel devait bel et bien mourir à court terme

Anecdote : les images rajoutées à la fin du film passent souvent pour être des stock-shots de « Shinning » (Stanley KUBRICK – 1980). SCOTT affirme qu’il n’en est rien

Le film sortit aux USA le 25 juin 1982.

« E.T. » (Steven SPIELBERG – aka « l’homme-qui-tourne-plus-vite-que-son-ombre » - 1982) sortit au même moment, provoqua l’échec commercial du film (pour qui se souvient de la sortie du film de Spielberg, qui se rappelle de celle de « Blade Runner » ?). Pourtant, le film gagnera au fil des années son statut de vrai chef d’œuvre.

   En 1989, une copie 70mm fut retrouvé. Contrairement à ce que l’on crut alors, il s’agissait non pas de la version originale du film mais d’une version intermédiaire entre la version cinéma et la vision initiale de SCOTT. Le film ressortit alors dans les salles du monde entier et reçut enfin l’accueil qu’il méritait.

   On parle toujours d’une version DVD complète du film, un director’s cut supervisée par Ridley SCOTT lui-même, mais pour l’instant tout semble plus ou moins en stand-by, bien que la rumeur d’une sortie pour courant 2007 coure encore. Nous y trouverions alors une série de scènes coupées absolument indispensables nous permettant ainsi de découvrir un Deckard finalement réellement... réplicant (ce que SCOTT a toujours avoué, du reste) au détour d’une séquence pendant laquelle Ford va voir son coéquipier, Holden, à l’hôpital à la suite des évènements montrés au tout début du film.

PS. Les parties surlignées sont en général des liens vers d'autres sites, pour vous permettre d'avoir des informations plus complètes sur les personnes citées. Il en va de même bien sûr sur les autres articles que j'ai pu publier sur le blog.

*Il est à noter que Brian SINGER, réalisateur du prochain « Superman », des deux premiers X-mens, serait sur un nouveau projet d’adaptation du roman « l’âge de Cristal ».

**Pour rappel, les véhicules aériens, type « Spinners », aérocars (comme je les appelle, dans mon cas, avec « Upgrade », « le bleu et le verrier » et presque toutes les nouvelles que j’ai écrites), étaient très à la mode dans les romans SF des années 50 (sans parler de "Metropolis", donc). Sur ce plan, SCOTT ou plus tard Luc BESSON, BILAL, et Robert ZEMECKIS (dans le cas de « retour vers le futur II ») n’ont rien inventé. C’est un poncif aussi jouissif et courant en SF que les longues dents pointues pour les vampires... lol !